Cépages rares et oubliés : la quête de diversité, entre innovation et tradition
L’Ardèche n’est jamais plus vibrante que lorsqu’elle dévoile ses secrets. Certains domaines, pionniers ou « chercheurs de vin », s’aventurent au-delà des sentiers battus pour faire renaitre des cépages autrefois réputés mais délaissés par le marché moderne.
Le clinton et l’isabelle : la légende des interdits
Sur certaines terrasses, discret, le clinton s’accroche à la mémoire rurale. Originaire des États-Unis, il fut planté massivement après le phylloxera. Son parfum musqué et sa robe intense évoquent des repas de paysans et des soirs d’automne, mais il n’est plus aujourd’hui vinifié que pour un usage familial, la législation limitant sa commercialisation. Pourtant, à Saint-Germain, le Domaine du Grangeon n’hésite pas à préserver quelques arpents pour la mémoire familiale et culturelle, sous forme de micro-cuvées confidentielles (source : France 3 Régions).
Le terret, le picardan et la saga des blancs retrouvés
Si le sud de l’Ardèche déploie ses rouges denses, certains passionnés révèlent des blancs à la minéralité enthousiasmante, cultivés à partir de cépages ressuscités. Le terret, cépage autochtone du sud, livre des vins frais, typés, parfois presque salins. Au Domaine de Peyrebrune, entre Lussas et Villeneuve-de-Berg, des essais de micro-vinification redonnent ses chances à ce raisin discret.
Le picardan, rareté extrême autrefois présente sur les terrasses du Rhône, se fait jour dans les essais du Domaine de Mazel (Valvignères), reconnu pour ses vinifications en nature et sa recherche permanente de diversité (domaine-mazel.fr).